Razzia, +++++ ♥

•Sorti France le : 14 février 2018
•Synopsis et bande-annonce : razzia (Ad Vitam/YouTube)
•Chronique :

 

—  Apaisant – Clairvoyant – Riche  —

Dépouiller un peuple de sa langue en réduisant celle-ci en simple dialecte, ne serait-ce pas là le moyen le plus rapide de faire disparaître ce peuple ?

Fait sans complaisance, Razzia s’apparente à une radioscopie intelligente et utile, une œuvre intime sur un Maroc en ébullition et tout en contraste, avec des vies dont certaines sont aux antipodes. C’est à voir !
Oscillant entre sa culture forte (Berbère) que les hautes autorités s’échinent toujours à vouloir effacer et son présent contemporain arabe, le Maroc continue à avancer, mais vers quel futur ? Pour et avec qui ?
Razzia est un film brillant, qui à travers tous ses portraits, traite avec beaucoup de subtilité la vie des marocaines et marocains de toutes sortes. Par le biais desdits portraits, c’est un état des lieux « soft » qui semble être opéré : les luttes sociétales, la culture, les doutes, les non-dits, les rapports intergénérationnels et bien d’autres encore.
On sera triste du désespoir des habitants de Casablanca surnommée « la ville-monde » (« Casanegra » autrefois), désespoir que l’on ne doit pas juger lorsque cela dégénère. Il faut la voir et la comprendre.
Comme les plans larges sur les paysages ainsi que les subjectifs gros plans et plans serrés sur les visages, ce film est beau, d’une profonde et naturelle beauté. Sobre et sans artifice, la sincérité qui s’en dégage ne peut souffrir d’aucune sorte de contestation.

Film engagé à sa manière, le Maghreb nous est présenté autrement, loin de la carte postale idyllique, mais toujours avec cette forte authenticité connue de tous, qualité que l’on ne pourra – prions – certainement jamais ôter à cette région.
À l’image du dernier plan, émancipation et espoir : c’est aussi voire surtout cela Razzia. Il pourrait s’apparenter à un message fort, comme un refus qui dirait à l’État qu’Il ne fera pas disparaître, ne mettra pas la main ou n’étouffera pas ceux qu’Il considère comme des indésirables et ceux qui ne veulent pas se soumettre. Bon film !

« Heureux celui qui peut agir selon ses envies »  (Proverbe berbère) 

« Parfois, on ne choisit pas son combat »  (- car beaucoup s’impose à vous ! -) 

 

 


 

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