Green Book : Sur les routes du sud, +++++ ♥

•Sorti France le : 23 janvier 2019 __ Vu le : 21 février 2019
•Synopsis et bande-annonce : greenbooksurlesroutesdusud-vostfr (via Metropolitan Films/YouTube)
•Chronique :

 

Une belle époque — Des personnages forts empreint de beaucoup d’humanisme — Des contextes tantôt délicats tantôt légers _

Deux mondes qui se croisent s’entrechoquent‎ ; Un choix menant à une rencontre peu emballante ; Deux caractères bien antagonistes pour deux heures de film‎ avec un Viggo Mortensen très en forme, brut de décoffrage et rustre alors qu’en face, c’est‎ la classe de Mahershala Ali.
Green Book : Sur les routes du sud, une histoire vraie portée sur grand écran, l’histoire vraie d’un voyage qui a changé deux êtres, mais ce film ce n’est pas que cela. C’est un road movie fait pour vous captiver, vous saisir et qui, pour moi, fonctionne par paires, une géniale trouvaille qui provoquera chez certain.e.s du public un sentiment de plaisir qui s’alternera avec un sentiment de gêne et de peine.

Un livre vert au nom éloquent : « Guide du nègre en voyage » pour un sacré road movie dans le sud américain des années 60, celle de la ségrégation raciale, Le « Green Book. »
Quand comme moi, on ne connaît pas, ça calme ! ‎Heureusement que le film est fait d’un contenu bien riche pour éviter de déprimer.
Comportement raciste, un rustre pas trop cultivé mais avec un bon fond qui découvre le monde d’un homme raffiné et intelligent ; Ledit homme raffiné et intelligent qui lui n’a pas la bonne couleur de peau pour se fondre dans le paysage et encore moins pour éviter de dénoter avec les canons des environs. Il n’a pas non plus l’orientation sexuelle qui au moins aurait fait de lui un bon gars du coin ; Musique, humour, beaucoup tac au tac côté échanges, de la sensibilité et de l’humanisme, du plaisir auditif avec des sonorités recherchées. Oui, on ne déprime pas, on savoure !

Car il paraît que « L’habit ne fait pas le moine, » ce film tout en contrastes, contrastes que l’on constate sans focaliser dessus tant ils sont subtiles et bien intégrés, avec des petits instants forts qui donnent des frissons, et d’autres comme des situations comiques bien drôles, et bien il surprend !
Green Book : Sur les routes du sud c’est l’Intelligence et l’amitié à travers ses deux personnages qui apprennent chacun l’un de l’autre : Un qui semble vouloir que l’autre ne se contente pas d’etre qui il est, cet autre qui va apprendre la vie, découvrir des nouveaux mondes pour peut-être avoir un autre regard sur certaines choses, s’ouvrir, pousser d’autres dans leur retranchement comme il s’est laissé – sans trop résister – faire.
Vous y verrez aussi un blanc qui a du mal avec les noirs mais qui connaît leur musique mieux qu’un noir qui lui connaît celle des caucasiens de la haute société. En gros, un noir très blanc à l’intérieur. Fallait y penser !

Ce film est tout simplement ce duo improbable qui a existé. Il nous est au final très fructueux surtout en plaisir, comme le fut la rencontre des ses deux personnages.
Green Book : Sur les routes du sud est un savoureux instant de cultures, d’échanges en tout genre qu’il faut voir pour diverses raisons‎. Mais ne serait-ce que pour entendre des propos lors d’un échange sous une pluie battante, propos qui en grande partie existent malheureusement encore aujourd’hui, il faut lui consacrer 2h10 de votre précieux temps, car l’instant est instructif. Bon film !

 

« Le monde est plein de gens qui n’osent pas se lancer »

« Il faut du courage pour changer les mentalités »

« La violence ne nous fait pas gagner. On gagne en restant digne »

« Il y a les bonnes manières pour obtenir quelque chose, ou du savoir-faire. Seul le résultat compte. » 

 

Green Book de 1959

 

  • p.s :  Biopic relatant la rencontre entre le pianiste noir Don Shirley et son chauffeur qui était aussi son garde du corps blanc Tony Vallelonga (dit Tony Lip), à partir de 1962.