Peu importe si l’histoire nous considère comme des barbares, +++-

•Sorti France le : 20 février 2019 __ Vu le : 10 mars 2019
•Synopsis et bande-annonce : peuimportesilhistoirenousconsiderecommedesbarbares-vostfr (via UniFrance/YouTube)

•Chronique :

 

Préparations — Une génération et le passé de leur pays dont pas mal se fout — Des (gros) plans avec des longueurs pas anodins _

Divergence de point de vue sur un sujet et comment en parler sans trop heurter certains à qui il faut imposer des faits factuels, pas chose aisée ! Peu importe si l’histoire nous considère comme des barbares en grande partie, c’est cela.

La Roumanie. Balade dans le pays, ses rues et évocation de son ‎passé antisémite qu’une, à sa manière, tente de rappeler à beaucoup. Elle s’y échine  afin d’éviter « la suffisance » de certain.e.s sur d’autres sujets tout aussi graves aujourd’hui.
Film qui aborde –  en n’y allant pas de main morte – l’histoire d’un pays et de son passé durant la seconde guerre mondiale, ‎que l’on soit directement concerné ou pas, les propos et faits historiques montrés s’adressent à nous.
Vous verrez dans ce film que convaincre d’évoquer un drame, même sous une forme très accessible, est un mal aujourd’hui pour un bien demain, et comprendrez vite que le contenu de Peu importe si l’histoire nous considère comme des barbares est malheureusement très loin de ne pas concerner que la jeune génération roumaine, enfin, celles et ceux qui veulent savoir !
Pour information, le drame ici évoqué est le « Massacre d’Odessa en 1941*‎. »

Enrichissant sur plusieurs plans, ce film est aussi la mise en lumière de celles et ceux qui courageusement, dans le simple but de faire en sorte que l’histoire ne soit pas oubliée, affrontent contre vents et marées les gardiens de l’arrageant silence.
Action noble et exemplaire diront certain.e.s, mais Juste, serait plus adéquate. Juste, car beaucoup d’événements du passé devraient se regarder en face pour comme le dit si bien l’actrice : « Éviter la suffisance » et leurs reproductions.
En effet, Peu importe si l’histoire nous considère comme des barbares fait la part belle aux rapports entre les artistes et les intérêts de politiciens qui veulent préserver leur image. Sur cette thématique, il met en valeur les risques et le courage que doivent prendre certain.e.s pour affronter et imposer une vision artistique qui choquera et engendra le rejet, par lâcheté ou honte.
Il n’oublie pas non plus d’aborder le retour de bâton que subissent les artistes du fait de penser que cela ouvrira les esprits. Et oui, Un borné demeure un borné.
Donc, public, attention à ne pas être déçu – comme dans la vie réelle – quand vous contasterez le manque de compréhension de pas mal de locaux qui ne comprennent pas l’acte, et ce n’est pas par mauvaise foi.
‎Oui, il se peut que pas mal d’entre-vous ressentiez de la désolation devant la réaction de beaucoup dans ce public amoncelé sur la place lors de la grande représentation. Donc, pas de conclusion hâtive. Remémorez-vous à quel point le régime communiste faisait gober tout et n’importe quoi, à la limite de la lobotomisation pour un asservissement patriotique conssenti. (- Là, je ne vais pas me faire des amis -)

‎Pousser d’autres à accepter les actes du passé peu glorieux de leurs anciens, affronter la censure subtile.
Au vue du fait historique, de la population et du contexte, ce film, au premier abord,  laisse à penser qu’il va y avoir de la lourdeur, de la prise de tête voire de la fadesse. Il n’en est rien, absolument pas !
Fait comme un devoir de mémoire pour informer, réveiller les consciences et s’adresser à tous, le film est fait avec un petit côté burlesque qui ne prend pas le dessus sur le sérieux, et par la force des choses, il peut être désigné d’œuvre atypique très intéressante.
Peu importe si l’histoire nous considère comme des barbares : Du volontarisme, du drame et de l’humour, mais humour roumain (désinvolture, aigre douce et philosophique). Bon film !

 

  • *Massacre d’Odessa en 1941 : Un ensemble de massacre des populations juives (environ 20000 juifs) commis dans la région d’Odessa à partir du 22 octobre 1941 durant la seconde Guerre mondiale. (cf / Wikipédia)
  • p.s :  À ceux qui douteraient que les roumains ont le rythme dans la peau, ce film va les rassurer.