Santosh, +++-

•Sortie France le : 17 juillet 2024
•Synopsis et bande-annonce : santosh-vostfr (via Haut et Court/YouTube)
•Chronique :

 

L’Inde. Un pays et ses femmes L’Inde, un pays de petits services, de beaucoup de petits services et de compromis quand on porte l’uniforme de la Police L’Inde, un des pays avec des castes et de beaucoup beaucoup beaucoup de règles

« Que va-t-on ‎faire d’elle‎ !? »
« Laisse faire ton frère ? »
« On sert les puissants ! »
« Les femmes ne sont pas assez humiliées comme ça ? »
Santosh, attention ! Avec ses focus sur le patriarcat et les règles de vie entre les nombreuses divisions des sociétés qui composent la société indienne, c’est cynisme au tournant !

Pas vraiment une œuvre pour redorer le blason d’un pays dans lequel les femmes semblent toujours être quantité négligeable — un peu moins qu’auparavant parait-il —, à travers le regard neuf de la nouvelle recrue Santosh (récemment veuve d’un mari policier), il nous est montré la vie qui semble être très comme autrefois dans ‎cet immense pays à la forte disparité économique et sociale, avec un style de vie aux habitudes comportementales aussi bien ancrées dans les mœurs que la religion et les règles à respecter pour éviter le déshonneur à sa famille.‎

Des gens de la caste inférieure qui dérangent ceux de la supérieure‎, un mépris de rang qui est comme convenu car quand vous débarquez dans certains lieux, la première question qui vous est posée est : « Tu viens d’où ? » qui signifie : « De quelle caste es-tu !? » , et cette situation semble être normale, Santosh, c’est la rudesse‎ d’un récit sans violence,‎ l’œuvre semble être un film pour dénoncer la condition féminine dans un pays avec un sérieux passif sur le sujet. L’instant est « riche » en découverte de tout genre.‎

Santosh c’est aussi une découverte pour moi : Le recrutement compassionnel. L’air de rien, ce n’est pas un concept si déconnant que cela. Scoop, ça, c’est la seule chose qui ne vous choquera pas dans le film.
Les tensions sociaux, des modes opératoires peu conventionnels et aux résultats longs à venir ou douteux, la manière dont se règlent certains conflits ou transgressions, les compromis à parvenir à faire avec sa morale dans un système policier et judiciaire corrompu, bien installé, qui est comme il est, mais qui semble surtout profondément gangréné par des us ancestraux, sont de la partie. Il y a aussi la pauvreté dans ce très vaste pays qui n’est pas un mythe, le film permet de mieux comprendre pourquoi malgré une certaine richesse intérieure, on dit encore aujourd’hui qu’il – l’Inde – est un pays en voie de développement.

Je répète. Sans heurts permanents à l’écran, car la violence présentée est celle de la situation sociale (misère, inégalités, iniquités,…), Santosh effectue de nombreuses dénonciations en faisant un focus sur la condition féminine (avec deux personnages féminins dont il y a beaucoup à déduire), et plus que la lutte des classes qui n’existe pas, car chacun se tient sagement à sa place et semble accepter les règles comme s’il y avait une résignation culturelle, je dirais que le second focus s’opère sur la condition sociale et de vie dans le pays. Tout cela est assez intéressant à voir. Bonne toile !‎

 

 

« Sans justice, comment peut-on tourner la page ? »

 

 


 

@cineprochereviews