Pupille, +++++ ♥ ♥♥

•Sorti France le : 5 décembre 2018 // Vu le : 13 décembre 2018
•Synopsis et bande-annonce : pupille (via StudioCanal/YouTube)
•Chronique :

 

—   Des cas, personnes comme situations, bien complexes – Des mots, termes, métiers – Un beau film qui prouve, car cela est encore et toujours nécessaire, que la communication fait tout   —

Pupille c’est un peu : « Bonjour ! Venez, asseyez-vous, mais attention, cela ne va pas être une partie de plaisir. Par contre, ça sera très intéressant. »

En effet, intéressant car riche en informations dont les plus grandes seront probablement les distinctions‎ qui y sont faites, comme la différence entre être parents et être parents adoptifs.
Fort utile donc, car certain.e.s l’oublieraient presque : « Une adoption n’est pas faite pour compenser un manque ou une douleur. »
Il y a aussi la mise en lumière de corps de métiers méconnus et de la manière dont des femmes et des hommes exercent leur métier au sein des services sociaux : psy, assistant familial, assistance sociale, conseil de famille, etc… ‎Tout cela‎ est ‎pour nous faire comprendre à quel point en amont, le parcours des adoptants est « long et laborieux. »
Les portraits robots sont différents, parlant, pour s’adresser au plus grand nombre dans le public, mais Pupille n’oublie pas d’évoquer qui est un enfant né sous X – pupille de l’État à adopter.
Oui ! Cette mise en lumière de métiers fait que Pupille s’apparente encore à un bon film qui donne l’impression de visionner un excellent documentaire, car il fait dans de la pédagogie utile.
Exemple : Si vous ne faisiez pas le distinguo entre un Pupille de l’État et un Orphelin, le présent film vous informera intelligement.

« Observer c’est sentir, ressentir, pas regarder. »‎

Dans ce film social qui présente beaucoup de choses et qui le fait avec de la délicatesse, vous apprécierez‎ un Gilles Lellouche très impliqué pour ne pas dire engagé façon Vincent Lindon, ‎des petits personnages auxquels on s’attache et qui forcément provoquent en nous quelques remous. En effet, pour certain.e.s devant la grande toile, il y a comme ‎un lien qui se crée et ce, qu’on le veuille ou non. Après tout, nous sommes humains.
Dans tout cet ensemble qui met en avant l’engagement sans faille d’une  équipe armée de combattantes et combattants pour les enfants dont ils et elles ont la responsabilité, ou pour des personnes qu’elles défendent juste sur de la subjectivité, ‎le personnage le plus marquant – pour moi – est Mathilde, la Recueillante, un personnage qui représente celle ou celui dont le métier est d’enregistrer les abandons, mais qui, comme cela est si bien montré, ne se limite pas à cet acte.
Rien de simple. Mais grâce à des corps de métiers au niveau qui doivent rester dans les clous, ce afin de parvenir à obtenir un résultat pour le bien de tous, et malgré les mécontentements ainsi que le désarroi de personnes dans l’incompréhension d’une décision leur paraissant injuste, SEUL réussir à offrir un beau destin, un foyer à des tout petits êtres et à leur.s adoptant.s, oui seulement cela compte : QUE TOUT SE PASSE BIEN POUR TOUS.

Ambiance lourde, qui assomme un peu, il y a de l’‎intensité – peu flagrante certes – faisant que sans le vouloir, vous vous trouverez absorbés par toutes les situations et surtout ses intéressantes explications sur un monde bien méconnu au final.
Des gros plans sur les personnages qui semblent être là pour donner la même importance et intensité aux rôles de toutes et tous ; ‎Un casting bien trouvé qui porte le film ; Des plans qui créent un rapport particulier avec ce p’tit gars ; Des situations où toute petite avancée semble être une très grande victoire…‎ oui ce film est beau, il est instructif, il accroche votre regard, donne chaud, fait parfois pleurer, donne peur, désole, donne le sourire, fait couler le nez.
J’ai aimé et apprécié ce que j’ai vu, mais que cela fait du bien de retrouver un souffle normal au lancement du générique de fin. Bon film !

« Une adoption est comme une greffe. » Donc pas de garantie que cela prenne et/ou tienne. »

 

  • p.s :  Vous n’y ferez peut-être pas attention, mais les petites visites offertes de la ville de Brest et de la côte bretonne sont forts sympathiques.