Scandale, +++++

•Sortie France le : 22 janvier 2020 __ Vu le : 29 janvier 2020
•Synopsis et bande-annonce : scandale-vostfr (via Metropolitan Films/YouTube)

Chronique :

 

Punchy — Acide — Dur

L’Amérique, dans une certaine mesure, Scandale, film inspiré de faits réels, c’est l’Amérique, puis de cinglantes réalités in the worldwide*.

Trois femmes, trois générations, trois portraits différents de travailleuses avec leur ambition personnelle sur une chaîne pas comme les autres, trois cas d’agressions sexuelles au travail et leur gestion par les victimes versus un patron qui fait des choix de patron en menant sa barque qui est une grande galère pour certain.e.s. Ledit patron fait les choses comme il le sent et surtout l’entend, car comme lui-même se définit : il est « discret, mais impitoyable. »

Scandale est aussi un film avec des explications sur LE lieu, un film qui nous fournit à nouveau des explications sur le fonctionnement d’une chaîne de télé. Après le film Toute Ressemblance…, j’avoue que certain.e.s y verront bien plus clair.
Ici, c’est plein phare sur les coulisses‎ d’une rédaction qui peut se comparer à une fourmilière, un lieu fait de niveaux classifiés à l’identique de la méthodologie employée pour distinguer les différentes catégories sociales. On y voit aussi des équipes comme des clans, le machisme passif, les femmes ambitieuses qui morflent du fait d’être des femmes qui ne se laissent pas faire.
Me croyez-vous si je vous dis que malgré la gravité des faits qu’il aborde, ce film est passionnant !? Avant même de rentrer dans le vif du sujet et rien que de constater toutes ces choses précédemment mentionnées, oui, on est en attente du reste.

Combat de vision de femmes sur le désir masculin, combat intérieur contre soi et ses collègues qui ne veulent pas être éclaboussé.e.s et encore moins prendre parti car seule la survie, donc que seul son job compte, le film explore les différentes étapes dans ce type de fait : les attitudes avant et après dénonciation, le questionnement des victimes sur elles-mêmes et le plus beau, montre comment chutent les rois déchus, comment chacun se protège, à quel point les liens d’amitié de longue date ne sont rien dans le monde capitaliste.

Rythme, style, bon et discret casting mais très efficace, attractivité totale alors qu’il y a peu d’effusion à l’écran, Scandale me rappelle un film dont le sujet est tout autre, mais tout autant grave et qui est dans le même esprit côté ambiance générale pour la mise en image de son sujet : Spotlight.
Comme avec lui, le public est pris dans son intrigue, il se prend des claques, découvre des méthodes, des faits dont il a entendu parler mais de loin et vlan, il se les prend en pleine face, se rappelle de certaines choses, se rend compte à quel point les faits ne lui sont pas si étrangers que cela, mais surtout, il se rend compte que pas beaucoup de choses ont changé depuis le temps où elles ont été dénoncées. Voilà voilà, bonne séance quand même !

 

 

« Règle numéro 1 de l’entreprise américaine : On n’attaque pas son patron » 

« Le harcèlement c’est quand un puissant s’en prend à un plus faible que lui »

 

  • *dans le monde entier.
  • p.s :  La tyrannie d’Hollywood pour les femmes.‎
    Sans le vouloir – sauf si on nous l’a caché – ce film met en lumière un autre fardeau des femmes actrices où excerçant dans le milieu artistique, audiovisuel à Hollywood et ailleurs. Je le relève, il s’agit du fait de tout faire, jusqu’à se dénaturer, pour rester dans le coup ou plutôt afin que l’on vous laisse, que l’on vous donne une chance de passer à l’écran, donc de gagner votre vie, d’exister.
    Oui, ce film dit bien que pour conserver le privilège, les faveurs d’un producteur, après sous la table, sur le canapé, la chambre d’hôtel, la villa privée, le bureau avec ascenceur privé et accès privatif au dernier étage, il faut quoi qu’il arrive passer sous…le bistouris, même si cela n’est pas nécessaire. En effet, cela semble être devenu une norme, un cahier des charges non formellement établi mais entendu.
    Donc, (- oui, tout ça pour en arriver là -) si vous ne reconnaissez pas Charlize Theron lors des premiers plans, c’est normal, quel gâchis ! Nicole Kidman, certain.e.s d’entre-vous s’y étaient déjà fait – moi depuis Lion – même si cela semble s’être accru, mais Charlize Théron, comprends pas, ce fut assez surprenant et perturbant !

 

 


 

@cineprochereviews

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *