Queen and Slim, +++-

•Sortie France le : 12 février 2020 __ Vu le : 14 février 2020
•Synopsis et bande-annonce : queenandslim-vostfr (via Universal Pictures/YouTube)

Chronique :

 

C’était mal parti pour lui — Elle, la droiture incarnée n’avait pas prévu de passer la nuit avec lui — La légitime défense qui n’existe pas pour un noir face à un blanc, qui plus est représentant des Forces de l’ordre

Un acte, des évidences de comment cela va se passer pour eux, Queen and Slim qui n’est pas essentiellement un film revendicatif pro cause noire façon Black Lives Matter*, ne fait pas dans le détail non plus côté dénonciation.

Embarqués dans une même galère, leur anonyme road trip dans une Amérique profonde qui prend la tournure de lutte raciale, ce film ou plutôt les personnages de ce film, d’une certaine manière, ressemblent à « Bonnie and Clyde » et à « Thelma et Louise » mais du 21ème siècle.
Bien que diamétralement opposés (les films cette fois), Queen and Slim a pour points communs avec eux : La liberté et la fureur de vivre de ses personnages principaux.
Il prouve que dans ce pays que sont les États-Unis d’Amérique (U.S.A), rien n’a jamais été simple pour certain.e.s et que ce n’est pas prêt de le devenir. Donc, ne soyez pas étonné.e.s si je dis que ce film, avec beaucoup d’acteurs noirs, parle de la condition noire aux U.S.A, du délicat sujet des cheveux noirs, de la violence policière à leur encontre, aborde subtilement le sujet « Black Lives Matter* » , bref, qu’il fait un quasi tour d’horizon de choses, actes et faits qui n’ont guère changé depuis le temps que cela est évoqué.

Assez poétique, cette fausse romance – dont « on ne sait absolument pas comment elle va se terminer » – inquiète, fascine, interpelle, mais à aucun moment fait monter en pression.
Gros paradoxe, l’instant est cool, slowly, un peu long quand même mais curieusement, ce faux rythme fait plus facilement passer la pillule de l’injustice se déroulant devant nos yeux.
Hip hop, soul, blues – de la très bonne – je n’insisterais pas sur le fait que la bande sonore vaut le détour et j’ai volontairement évité d’évoquer une scène « houla la » dans une voiture et loin des yeux. De cette scène que je n’évoque pas, beaucoup de choses s’en dégagent dont vraiment une, qu’une belle lumière sublime. Devinez quoi !?‎ Bonne séance !

 

« Pourquoi les noir.e.s doivent-ils toujours exceller et ne pas juste être eux-mêmes !? »

 

 

  • *Black Lives Matter pour : « Les Vies des Noirs comptent » : Mouvement militant d’afro-américains et au-delà, qui se mobilisent contre la violence policière – peu sanctionnée – et le racisme envers les Noirs.
  • p.s 1 :  Ce film fait partie d’une liste d’œuvres cinématographiques qui malheureusement s’étoffe non pas pour dénoncer des actes du passé, mais pour permettre à beaucoup de rester en veille suite aux agissements – principalement aux États-Unis d’Amérique – dont sont victimes de nombreuses personnes et nombreux innocents coupables parce-que noir de peau : …Fruitvale Station (2014), Detroit (2017), Kings (2018), Blindspotting (2018), Monsters and Men (2018), The Hate U Give (2019), Queen and Slim (2020)
  • p.s 2 :  Une chose fort appréciable dans la forme de ce film. En effet, on ne nous ennuie pas avec une enquête et une traque remplies de scènes ainsi que de détails sans intérêt, comme cela est souvent le cas dans les films de course poursuites américains et de chasse à l’homme. Non, l’intrigue se concentre essentiellement sur les deux personnages principaux.
    L’instant le plus saisissant pour moi fut l’interprétation inattendue d’un titre du groupe de hip hop français affectueusement appelé Les Sages Po pour Les sages poêtes de la rue. Titre :  « (Dans le ghetto) Un noir tue un autre noir.‎ » (1995)

 

 


 

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