Le cas Richard Jewell, +++-

•Sortie France le : 19 février 2020 __ Vu le : 20 février 2020
•Synopsis et bande-annonce : lecasrichardjewell-vostfr (via Warner Bros/YouTube)

Chronique :

 

Plutôt attentionné et bienveillant — Vouloir bien faire les choses n’intéressait que lui — Un beau conte qui montre que l’Amérique est ainsi faite, oui, les opportunistes du business ne perdent jamais de temps et certainement pas le nord

Faux-héros. Apparemment, il s’agit d’un statut officiel bien défini aux États-Unis d’Amérique.‎
Donc, « Faux-héros, » portrait dixit les propos relevés dans le film : il s’agit d’un homme blanc frustré, solitaire, ancien policier ou militaire rêvant de devenir héros, qui agit pour attirer l’attention en commettant un acte lourd de sens. Avec Le Cas Richard Jewell, Clint Eastwood nous offre une parfaite explication de texte et par la même s’érige en patriote redresseur de torts.

Disgracié et cruficié quasiment en même temps et aussi vite qu’il avait été érigé en héros, le genre de héros que l’Amérique aime, cet homme « différent » qui voulait bien faire, qui en faisait un peu trop et en a peut-être fait de trop, Le Cas Richard Jewell est avant tout une excellente incarnation par un acteur dont le jeu fait vraiment douter, surtout quand tout semble l’accuser et que tous le suspectent.

Le Cas Richard Jewell quand on ne connaît rien de cette histoire vraie adaptée au cinéma, une chose est pratique : le champ de probabilités. Est-ce lui, un autre, un complice ? Oui, le fait de ne rien savoir de cette histoire est un précieux atout pour mieux vivre l’intrigue de ce thriller.
‎En effet, on apprécie bien plus l’emballement d’un grand tout avec ce tourbillon ou plutôt ce typhon médiatique qui s’abbat sur lui.
Plus qu’un film sur un homme, Le Cas Richard Jewell est davantage une mise en lumière, un film dans lequel son réalisateur semble s’être contenté d’exposer des faits sur affaire bâclée de toute part, ainsi que l’impact que cela a eu sur la vie de personnes innocentes. Cette dernière situation est excellement représentée par la détresse d’une mère qui ne savait pas comment protéger son fils. Et là, on pourrait repprocher à Clint Eastwood de beaucoup jouer sur l’émotion, mais non, car en vrai, la détresse de parents dépassés par ce type de situation doit être bien pire.

Comme je le relevais un peu plus en amont, dans son présent film, Clint Eastwood s’évertue à montrer la puissance des médias avec une journaliste qui relate les faits pour ne pas dire « ses » faits et non la vérité qui lui importe peu. Il montre aussi la puissance des Forces de l’ordre‎ qui broyent votre vie car ils ont le POUVOIR de le faire, cela sans que vous n’y puissiez grand chose, sauf d’attendre que cela passe, d’attendre que votre vérité éclate et les éclaboussent, ou d’avoir un bon avocat, ainsi que de ne pas perdre foi en vous.
‎En fait, il montre assez bien les dégâts causés par ces deux médiums (communication et policier-judiciaire) quand elles s’associent dans la médiocrité en perdant tout sens objectif, car la pression ou l’ambition dévorante font perdre tout recul et objectivité.
Donc oui, ce coup-ci, vous pourrez saluer cela, saluer cette dénonciation objective du mauvais usage du pouvoir faite par un Clint Eastwood qui démontre être toujours un homme et un réalisateur engagé…mais en mode modéré cette fois.

Rythme lent, suspense résidant dans le fait de ne pas parvenir à déterminer – car son attitude fausse souvent la donne ou pose question – si Richard Jewell est innocent et cela même quand il se rebiffe dans un bureau du F.B.I., vous l’aurez compris, toute l’attraction de ce film c’est son acteur, son jeu, point ! Je n’oublie son second acteur : Sam Rockwell, déjà excellent dans le récent Jojo Rabbit. Bon film !

 

« Un peu de pouvoir peut vous changer quelqu’un de bien en monstre »

 

 

  • Histoire tirée des événements survenus après l’attentat des J.O d’Atlanta (USA) en 1996.

 


 

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