L’ombre de Staline, +++-

Distr

•Sortie France le : 22 juin 2020 __ Vu le : 15 juillet 2020
•Synopsis et bande-annonce : lombredestaline-vostfr (via Condor Distribution/YouTube)

Chronique :

 

Jeune visionnaire fougueux versus vieux pantouflards séniles… un gros problème qui perdure Toujours se méfier des soudaines facilités Quand on a l’ambition de vouloir ouvrir les yeux à des personnes portant volontairement des œillères, il faut être sûr d’être armé pour faire face à leur réticence

Déconvenues, désillusions dans un pays en tranquille ébullition qu’un trublion motivé s’était mis en tête d’en découvrir les secrets, et cela sans connaître les rudiments du coin (- mais il a vite appris -), L’ombre de Staline est le type de film historique qui vous laisse un petit quelque chose de travers dans la gorge et dont le goût est bien amer, encore plus quand on réalise que l’on ne peut – même encore aujourd’hui – prendre des risques légitimes sans en subir les conséquences parfois exagérées.‎

L’avant Hitler et la Seconde guerre mondiale ; Des doutes sur l’ambition d’un homme considéré par certains comme « dérangé », L’ombre de Staline raconte l’histoire du jeune et téméraire reporter Gareth Jones qui par conviction a enquêté sur des incohérences qui l’obsédaient, action qui l’a amené à découvrir les mensonges visant à cacher la famine en Ukraine, l’Hodolomor : famine orchestrée par le régime soviétique de l’époque.

« D’où vient l’argent ? » Poser ce genre de questions à des inconnus, pas vraiment prudent comme acte. Ici, vous constaterez à quel point l’innocence attire l’attention, chose non sans conséquences directes ou indirectes.
Montage qui donne parfois l’impression de se retrouver devant un film d’aventure ou d’espionnage, cette œuvre historique passe vite, même s’il comporte quelques creux.
Il intrigue. Malgré une éradication totale de sensationnel côté contenu, vous ne décrocherez pas du récit et ne serez point impatient qu’il se termine.
Il Cultive. Vous ne vous lasserez pas de découvrir les méthodes et traitements des siens, de ses annexés ou de ses ennemis… de qui ? Le pas vraiment feu Parti…russe, ainsi que tous ceux qui lui mangeaient dans la main et qui se fourvoyaient, cela aux dépens d’innocent.e.s.
À l’image de la plus belle scène du film pour moi, moment qui lance son deuxième visage, le tournant, cette effroyable scène dans le wagon d’un train, mais pas n’importe lequel, si avant cette scène L’ombre de Staline vous laissait perplexe quant à son contenu, après elle, toute la suite du récit vous remet les idées en place et vous remémore le pourquoi de votre présence dans votre salle. Ça calme ! Bonne séance !

 

 

  • p.s :  Deux constats. Un récurrent qui est qu’en période de guerre ou en des temps difficiles, le volontarisme humaniste ne fait pas bon ménage avec l’économie et les relations diplomatiques.‎ L’ombre de Staline qui nous présente l’histoire vraie d’un homme accompagné de son obsession de la vérité nous montre bien le fameux « un contre tous » et les injustices liées à un statut que l’on a pas, contrairement à d’autres.
    ‎Le second constat. À l’époque, parvenir à titiller la fierté du bon russe afin d’obtenir ce que vous voulez et sans vous faire prendre, cela ne s’appelait pas un exploit, mais de la pure ruse ou du génie.

 

 


 

@cineprochereviews

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