L’amour et les forêts, ++-

•Sortie France le : 7 juin 2023
•Synopsis et bande-annonce : l-amouretlaforet (via Diaphana Distribution/YouTube)
•Chronique :

 

– Film adapté du roman éponyme d’Éric Reinhardt, 2014 (pas lu) –

 

Histoire d’une rencontre — Histoire de retrouvailles — Histoire de la genèse et de l’évolution d’une relation toxique …

Un homme plein d’aplomb, le genre qui par sa présence, ses paroles, son attitude très avenante fait succomber, fait chavirer les cœurs.
Mais comme nous savons que L’amour et les forêts dont le « c’est un beau roman, c’est une belle histoire* » n’est qu’une façade, c’est la suite et surtout sa présentation qui nous importe.
J’avoue que bien que n’ayant pas été particulièrement séduit par le film, son contenu sur la condition féminine et la relation toxique m’ont bien marqué.

« Je te veux que pour moi. » (Avec une main qui caresse une joue et beau sourire.)
« On n’a besoin de voir personne. On est bien tous les deux »
« Je vais changer » (Il se pose en victime en annonçant cela.)
« Fait bonne figure » (Oui, en public, et devient un tyran en privé).‎
« Je voyais ma situation de l’extérieur de ma personne »
Elle voyait ce qu’elle vivait en analysant la situation avec un regard extérieur pour ensuite, s’imposer.
Est-ce la méthodologie à pratiquer par les femmes face à ce type de personne, la bonne méthode pour s’extirper de cet enfer quand elles se rendent compte à qui elles ont réellement affaire !? ; Est-ce que faire de sorte que l’autre se voie faire les choses pour qu’il cesse ses agissements ou pour se lancer dans une longue guerre contre lui est LA ou est aussi une méthode pour survivre à l’ascendant psychologique tyrannique d’un tiers, à un pervers narcissique ?
Je ne me prononcerai pas sur ces questions, mais constate que le film semble offrir des pistes aux concernées.

Le foyer, cette prison dans laquelle s’exerce la pression psychologique qui parfois peut être pire que certaines violences physiques, car elles ne laissent pas de traces visibles ; Le foyer, un lieu qui devient une geôle dont le tortionnaire brise à petit feu sa prisonnière.
Intéressant pour les dialogues qui contiennent des propos avec des figures de style de haute volée, pour son aspect instructif sur ce type de personne et le comment il parvient à mettre en place, puis opère leur emprise tel un boa qui enveloppe sa proie, le développement de cette méthodologie en mode suffocant, inconfortablement, il se vit avec la victime et c’est ce qui m’a le plus saisi durant le film.
Le comment la proie se démène pour s’en sortir équilibre bien le récit.

Mais L’amour et les forêts, mon constat de non lecteur du roman a surtout constaté grâce au propos suivant :‎ « À mon âge »‎ , qu’il s’agissait d’une œuvre dramatique sur un fait de société, mais d’une œuvre qui parle aussi des‎ femmes qui aiment aimer – dans le sens large du terme – , et surtout qui aiment être aimées dans le sens le plus avenant, respectueux du terme, dans la bienveillance.‎

Le fil conducteur qui est l’entretien avec la psychiatre :
-Le grand mystère pour le non lecteur du livre et spectateur que j’étais fut pris par ce questionnement : (Qui fait le récit narratif ? Elle ou sa sœur ?) Bien dommage que la réponse vienne vite et youpi qu’une autre intrigue se mette place.
-Toujours le non lecteur du livre et spectateur que j’étais, fut content de la gaffe du restaurant qui enfin lança l’intrigue.
-Encore le non lecteur du livre et spectateur que j’étais, a aimé voir cette solidarité entre sœur mise en place avec brio.
-Encore et toujours le non lecteur du livre et spectateur que j’ai été, a apprécié d’assister à l’offensive et voir la perte de contrôle du tyran.‎

L’amour et les forêts‎ est un film très différent des autres œuvres parfois assez positivement surprenantes de sa réalisatrice Valérie Donzelli (La guerre est déclarée, Notre-Dame, Azuro, …)
Serait-ce une surprise de me voir relever que Virginie Elfira est brillante et paradoxalement rayonnante dans ce film grave et intimiste dont le rythme est efficace ? Non !
Mais voilà, le film en soi, je n’ai pas accroché, je ne sais pas ce qu’il lui a manqué pour ne pas parvenir à susciter une émotion en moi.
Ni pas aimer l’ensemble, ni apprécier l’ensemble, c’est rare et assez gênant pour moi de ne pas parvenir à ressentir une émotion autre que de l’empathie pour le personnage principal…féminin, très gênant surtout devant ce type de sujet.
Je n’étais peut-être pas dans un bon jour ou ce fut la séance – la troisième – de trop du jour. Bonne toile !

 

 

« Si vous ne nous parlez pas, on ne peut pas vous aider »

 

 

  • *Chanson de Michel Fugain.

 


 

@cineprochereviews