
•Sortie France le : 18 août 2024 •Synopsis et bande-annonce : saravah-vostfr (via Arizona Distribution/YouTube) •Chronique :
Oui, on comprend l’importance de leur musique pour eux — Oui, il peut s’agir d’une heure que pour soi — Et non, ne serait-ce que pensez que vous résisterez aux rythmes de samba ou de bossa nova à la guitare sèche, est une pensée folle fortement déconseillée …
Rio de Janeiro 1969. Samba, bossa nova, carnaval durant lequel la barrière sociale saute, le propos de Platon qui dit : « Si on veut connaître un peuple, il faut écouter sa musique » , est plus que de mise avec ce film documentaire.
Si on suit les brésiliens, que cela semble simple de faire de la belle musique : Une douce voix dégageant de la mélancolie, cela juste accompagnée d’une guitare et avec ou sans une trompette, voilà, c’est parti pour le voyage musical.
Saravah est effectivement un voyage dans le temps pour découvrir l’une des musiques d’un peuple métissé par la force de l’Histoire mais pas que.
Cette musique qui sait s’ouvrir aux autres par la volonté d’artistes qui n’ont jamais craint qu’elle y perde son âme, est la musique populaire brésilienne, celle qui s’est exportée sans trop forcer et on nous fait constater que son cousin le jazz, a été bien opportuniste de faire des « featuring » avec elle. Et oui, l’instant plaisir est aussi bien instructif.
Saravah que c’est cruel d’avoir envie de s’enfoncer dans son siège, de fermer les yeux durant les chants ou rythmes, oui que cela est cruel de se sentir bien, léger, délesté.e de ses soucis durant le trop court instant de son déroulé.
Saravah, qu’il m’a été difficile de retenir mes larmes après que tout mon corps ait été pris de nostalgie, celle provoquée par tant de bonnes choses entendues comme vues.
Quel héritage !
Notre hôte, Pierre Barouh, qui se qualifiait du plus brésilien des français nous présente cet héritage culturel d’une manière simple, sobre, sincère, mais cela juste sur une heure, une petite et cruelle heure, faisant qu’à son terme avec cette « Samba Saravah » de Badel Powell, il y a comme un renforcement du ressenti de la cruauté de cette courte durée, tant le charme vécu des instants d’avant et dudit moment remonte en nous avec cette sensation ou plutôt une petite frustration poussant à se dire : « Il ne s’agit pas du générique de fin là, MAIS NON !? »
Du plaisir dans un film court, bien trop court, tant, que cela peut s’assimiler à de la perversion, car la frustration générée par cette durée est comme volontaire. À titre de comparaison, c’est un peu semblable à une montée d’orgasme stoppée nette avant son apogée, cela parce que la source de cette sensation décidait de sciemment s’arrêter. Bon, la comparaison est un peu tirée par les cheveux, tant qu’elle est comprise, c’est l’essentiel !
Mais ainsi va la vie et il faut faire avec cette frustration, surtout qu’il serait dommage de rester sur cette sensation alors que le film documentaire nous offre tant de bonnes choses en bénéfice, comme cette grande leçon qu’il donne : Avec peu, on peut faire beaucoup, apporter énormément, prendre un immense plaisir à faire et à offrir.
Culture, envoûtement auditif, visuellement c’est nostalgique et mélancolique, Saravah est un film documentaire d’une toute petite heure qui date de 1969 et car parfois point trop n’en faut pour bien faire les choses ou les expliquer, c’est simple, vous prenez tous les éléments de l’affiche et voilà, tout est dit. (- J’avoue, j’aurais pu limiter mon ressenti à ce paragraphe -)
Saravah, et enfin j’ai compris comment s’effectuait une sonorité : le « poupou toutou poupoutoutou. » Vous voyez de ce dont je parle !? Non !? Bon bah regardez Saravah et vous saurez ! Abrigado et bon docu à vous !