Un autre monde, +++++ ♥♥

•Sortie France le : 16 février 2022 __ Vu le : 28 février 2022
•Synopsis et bande-annonce : unautremonde (via Diaphana Distribution/YouTube)
•Chronique :

 

 

Un joli tableau — Un joli inventaire — Les bons et mauvais côtés du mariage pour un triste bilan ? …

Le couple et le travail ou le travail dans le couple, le couple-le travail-les choix, le cas de figure ici présenté parlera à certaines personnes, les autres n’auront aucun mal à comprendre les situations absorbantes qu’elles verront sur la toile.

Vincent Lindon comme à l’accoutumée est au plus juste. Son interprétation qui donne de l’intégrité et de la dignité à son personnage de patron est remarquable, sa prestation en patron face à ses salariés et à ses ouvriers, un patron face à sa direction, ‎un patron face à sa conscience, un homme face à l’échec de son couple, un homme face à des situations personnelles et professionnelles complexes et pour lequel on devient vite inquiet, oui, sa prestation est de haut vol.

Un autre monde nous présente un couple sur la fin et dans le dur mais qui ne veut perdre son humanité, il présente surtout une situation humaine et économique à gérer.‎
Prenant côté forme, noue le ventre côté fond, ce thriller social dont le réalisme est assez perturbant, déstabilise beaucoup.
Film multifacettes dont les différents sujets seront bien parlants à chaque personne de son public, il est psychologiquement assez brutal.
Sans concession, les deux radioscopies‎ qui sont faites ici mettent parfois mal à l’aise, tant elles semblent intimistes.‎

Un autre monde, tout est fait pour que les spectatrices et spectateurs soient dans le film.
Il nous est montré – comme si nous étions devant un reportage – la mondialisation‎ et le couperet de la profitabilité avec des compresseurs sans âmes et leurs méthodes ulcérantes de tri sélectif, la dureté de la vie de parents même de classe sociale élevée qui est mise en contraste avec les conditions de travail d’ouvriers sous pression qui à l’entendre ne se ménagent pas pour assurer la pérennité de l’entreprise.‎ Vous verrez aussi l’histoire de la vie professionnelle avec ‎des différents portraits de patrons qui vont du plus humaniste au plus libérale, des méthodes de syndicalistes sans pitié – à bien ou à tort – des salarié.e.s qui pourraient être vous ou moi, vos parents, un ou des proches, et c’est cela qui fait que ce film ressemble peu à une fiction. En effet, avec ces portraits, nous sommes plus dans le concret et très loin de l’imaginaire.‎

Film sur la dureté de la vie, des échecs, des combats avec des bras de fer et des injustices côté reconnaissance surtout quand on fait les choses en toute loyauté sans le montrer, les promesses et les mensonges, les sacrifices,‎ des scènes et des propos ou méthodes qui donnent des hauts de cœur, Un autre monde, non, vous ne serez pas devant Dallas mais ce sera tout comme.
La perversité du libé‎ralisme y est parfaitement dépeinte à travers le personnage incarné par une Marie Drucker convaincante qui n’a pas fait un choix simple en matière de rôle au cinéma. Cela s’effectue aussi par la mise en avant des décisions stratégiques bien illusionnistes des patrons car au final, les actes sont à l’opposé des grandes et belles idéologies sur lesquelles la communication de l’entreprise est forte‎, sans oublier la façon dont la précarité est vulgarisée.

Un implacable film sur la décision de la mise en place d’un plan social, un bon film sur l’entreprise capitaliste libérale dont le patron des patrons est… « Wall Street » , un film qui nous montre l’envers du décor, le décor d’un déclin inéluctable qui pour celles et ceux qui le vivent, situation qui semble être une interminable descente aux enfers, Un autre monde c’est une bonne claque qui assomme, les propos qui s’y trouvent sont forts, surtout les deux monologues de fin !
Devant ce qui est probablement l’un des plus instructifs thrillers voire tout simplement film social et sociétal évoquant l’impact du libéralisme capitaliste au sein d’une entreprise, ce depuis le poignant En Guerre et le dérangeant La loi du marché (tous les deux du même réalisateur), je vous invite à prendre sur vous les ressentiments qui pourraient monter.
Tout aussi très instructif en ce qui concerne le hiérarchie dans ce type d’entreprise, Numéro Une et Corporate étaient déjà pas mal, mais Un autre monde y va franco, c’est cynique à souhait !

Un autre monde ou quand le capitalisme au sein de l’entreprise se fait tirer le portrait avec une audace assumée de le représenter comme étant un Ordre vampirique qui exige, si vous tenez à votre poste,  la perte de votre dignité et de votre humanisme, sans être d’un gros rythme, le fond est tellement prenant et la forme si excellemment bien gérée qu’il n’y a pas le moindre ressenti d’un instant d’ennui. Il y a juste qu’en fin de séance, certaines personnes se retrouveront à réfléchir à tout ce qu’elles viennent de voir et entendre. Bonne t‎oile !

 

 


 

@cineprochereviews

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