As bestas, ++++

•Sortie France le : 20 juillet 2022 __ Vu le : 4 août 2022
•Synopsis et bande-annonce : asbestas (via Le Pacte/YouTube)
•Chronique :

 

Mise en lumière d’un monde — L’homme, une bête comme les autres dont il se fourvoit à vouloir se distinguer — De sublimes plans …

As Bestas ou quand le célèbre : « Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu » ne s’applique pas vraiment en de tels lieux, endroits où la promiscuité est souvent étrange car convenue, mais dans une certaine limite. As bestas, un film à l’intrigue viscérale, un film inattendu qui fait son petit effet !

Une légère rancœur contre les français qui ne date pas d’hier, des français‎ en territoire assez hostile à qui il est demandé de bien s’intégrer…sur un ton et une forme verbale assez explicite, As bestas, côté ambiance pour la vie dans le coin, à titre d’exemple parlant, prenez la Corse ou le Pays Basque voire la Guadeloupe…non, restons sur la Corse, cette jolie île réputée pour être accueillante, mais gare si vous ne savez pas vous tenir…pas une mauvaise chose en soi cette imposition du respect par les locaux quand cela s’avère nécessaire. (- Ce n’est que mon avis -)

Du Steinbeck espagnol ?
As Bestas présente un lieu où les gens sont « comme ils sont » , un environnement, un contexte.
On sent qu’il y a un truc qui ne va pas, le comportement des uns et des autres n’inspire pas la sérénité‎, bref cette histoire d’intégration qui montre que quelque part, nous sommes toutes et tous l’étranger de l’autre est captivante et assez angoissante, ce alors qu’il n’y a rien de très poussé côté forme à l’écran.
Au bout d’un moment, quand on commence à comprendre certaines choses qui peuvent être résumées de la sorte : Un petit village, un pré-carré, de la grosse rancoeur pas prête à se dissiper ou à être pardonnée… on sent que « Le français écolo » ne va pas passer des moments tranquilles face aux « rednecks » espagnols qui l’accusent de les avoir privé d’un jackpot et de les mettre en danger. On sent que cela ne vas pas bien se terminer, mais pour qui ?

As Bestas, c’est la persévérance versus l’ultra-conservatisme et l’harcèlement, les convictions fortes (respect du bien des autres et écologique) face à l’idéologie pécuniaire aveugle.
Ce thriller social ressemble à un western moderne dont la tension monte par paliers pour devenir un film qui ‎pose la question de la réaction quand, l’étranger résidant quelque part est confronté aux locaux, à leur violence qu’ils pensent eux légitimes, que doit-il faire ledit étranger, comment doit-il réagir ? Doit-il tendre la main et tenter de trouver pacifiquement une conciliation ou faire du rentre dedans en s’affranchissant des règles de civisme ? Quelle est la limite du raisonnable et de l’acceptable dans ce genre de cas ? As Bestas aborde aussi ce type de questionnement.

« C’est chez moi ici ! »
Film – peut-être un peu long pour certaines personnes – qui présente une bataille, un film bien dans l’air du temps qui évoque‎ la rancœur envers la considération donnée à un étranger qui a les mêmes voire plus de droits que le natif qui trime, il aborde la jalousie, la vie pas facile, des personnes qui « n’entendent que ce qu’ils veulent entendre, » les femmes dans cette typologie de village, l’isolement, le deuil, la promiscuité malsaine, l’entre-soi.
Les face-à-face sont parlants, ce qui est montré dans ce film est criant de vérité et surtout est une juste mise en lumière de ce qui se passe dans notre société‎, de sa violence qui nous met dos au mur, engendre ou réveille le mal en soi.

As Bestas.‎ D’accord pour l’interprétation sans failles de Denis Ménochet, mais encore plus d’accord pour celle de Marina Foïs qui est bien marquante. Bonne toile !

 

 


 

@cineprochereviews